Itinéraire d’une ménagère de moins de 50 ans

L’itinéraire d’une ménagère de moins de 50 ans est un projet rapprochant les dessins à l’encre de Chine de Raphaëlle Gonin et les aquarelles de Léon Sojac. La confrontation s’ordonne dans un abécédaire frustre et direct : elle inventorie les objets d’une intendance investie, il investit les loisirs et les secrets de l’intendante – et au final il s’avère qu’entre la noire sensualité de Raphaëlle Gonin dans son approche du quotidien et l’hystérie maniaque de Léon Sojac dans son érotisation de l’air ambiant, les «diptyques» qu’ils conçoivent favorisent une adhésion de biais, récompensent un certain sens de l’inadaptation. Aussi ouvertement peu l’un que l’autre portés jusqu’ici sur l’intime, sauf à le laisser passer en trombes taiseuses dans les lieux déserts et les recoins dont ils avaient fait leurs terrains de jeux, les voilà qui tomberaient les masques pour dialoguer – et voilà d’ailleurs que ça sourd, que ça dialogue-de-sourd, voilà que ça frotte et que ça a l’air de rigoler. Mais quoi ? Comment la pudeur pourrait-elle ne pas être le nœud d’un travail de forçat dont la rencontre est le prétexte ? Si le doigt montre la lune, le regard voit le doigt, c’est probablement le B-A-BA de cet abécédaire-là.