Samedi 28 janvier 2017

Il m’est revenu que quelqu’un que je ne connais pas aurait remis en cause l’originalité, l’authenticité de mon travail. J’aurais été « défendue » face à un « détracteur » (SIC). En treize ans de profession, j’ai dû me justifier maintes fois sur mon procédé  : projection de photographies ? méthode de calque ?… et j’ai enfin convaincu que non, là il n’y avait pas tricherie, pas de loup : je dessine. Mais sur le fait que je m’inspirerais d’autres artistes, on n’avait jamais osé…Je préfère en conclure que je suis sur la bonne voie. L’incident est clos.

 

Détail du dessin en cours

Jeudi 26 janvier 2017

« Cher Monsieur S.,

Vous m’écriviez dernièrement que prendre le temps figurerait bientôt à votre agenda vu les circonstances. Aujourd’hui, je prends enfin celui de vous remercier.

De l’accueil que vous m’avez réservé, bien consciente que c’est aussi celui que vous réservez à chacun de vos visiteurs. Mais ne délaissant qu’exceptionnellement mon atelier, je me berce de l’illusion que je manque au monde extérieur.

De la découverte de ce lieu où j’ai dédaigné venir seulement une fois avant ce vendredi-là et qui vous ressemble. Ce n’est pas comme si nous n’avions cessé de correspondre, mais dans notre peu d’échanges, j’ai retenu votre style aussi littéraire que le nom de l’endroit.

D’excuser mes bavardages mais il ne fallait pas me proposer un café, puis deux, puis trois. Les artistes ne savent parler que d’eux pour peu qu’ils croient qu’on les y invite, mais vous le savez trop bien.

De souhaiter visiter mon atelier. Je n’en serai pas dérangée puisque l’initiative sera dénuée d’intérêt de part et d’autre, vu toujours ces mêmes circonstances.

De m’avoir prêté vos lunettes, n’ayant pas prévu la minutie des oeuvres de N. Je garde un souvenir troublant de les avoir portées. Voyez comme se terrer dans un atelier peut exacerber les sensations.

D’avoir retrouvé mon parapluie dans votre allée. Vous aviez raison, elle est très belle et je risque effectivement de m’en inspirer pour un futur dessin. Vous connaissiez donc déjà un peu mon travail.

Bien à vous.

R. De La M. »

Avril 2014

Composition #1
Composition #1

Samedi 21 janvier 2017

« Ma tendre C.,

Je suis partie un peu précipitamment et finalement nous n’aurons trouvé le temps de nous voir, même brièvement, tout au long de cette dernière année. Je regrette les après midis, même rares, passés ensemble autour d’un café dont tu m’apportais toujours une demi-livre.

Je suis finalement partie. Je ne me voyais pas m’acharner à rester dans un lieu que je n’habitais plus que physiquement, tant bien que mal de surcroît, depuis si longtemps. Une décision suffit et se débarrasser de quelques attaches est parfois d’une facilité déconcertante. On dit souvent qu’on transporte inlassablement les mêmes valises alors, à vrai dire, le lieu m’importait peu.

Dorénavant ici, depuis chaque fenêtre, seulement les étendues de vert d’une brousse que je sens avoir déjà pris en horreur. L’odeur et le bruit de la rue Terme ont commencé à me manquer bien avant de les quitter. Je ne sais où je puiserai mon inspiration à l’avenir, mais est-ce si important?

A défaut, prends le temps de m’écrire, de me raconter ta suite. Tu sais que j’ai pris l’idiote habitude de ne plus répondre au téléphone.

Je t’embrasse.

S. »

Juin 2015

Composition #2 / Collection particulière
Composition #2 / Collection particulière